L’IPDCP et la CENTIF tracent les sillons d’une collaboration renforcée
5 février 2026 Actualité
Dans un contexte marqué par la montée en puissance des exigences de conformité, de transparence et de gouvernance des données, l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) et le Centre National de Traitement des Informations Financières (CENTIF) ont tenu, le mercredi 04 février 2026, une séance de travail stratégique consacrée au renforcement de leur collaboration institutionnelle.
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de consolidation des cadres juridiques et opérationnels visant à concilier efficacité de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et respect des droits fondamentaux, notamment le droit à la protection des données personnelles.
Les échanges ont permis de rappeler les missions respectives des deux institutions et de mettre en lumière la complémentarité de leurs interventions. L’IPDCP, en tant qu’autorité administrative indépendante chargée de veiller à la conformité des traitements de données personnelles, joue un rôle central dans l’accompagnement des institutions publiques et privées. La CENTIF, pour sa part, constitue un acteur clé du dispositif national de lutte contre les flux financiers illicites, à travers la collecte, l’analyse et l’exploitation d’informations financières sensibles.
Dans ce cadre, la protection des données personnelles apparaît non pas comme une contrainte, mais comme un levier de crédibilité, de sécurité juridique et d’efficacité opérationnelle des mécanismes de renseignement financier.
À l’issue des échanges, la CENTIF a exprimé plusieurs attentes structurantes. Celles-ci portent notamment sur le renforcement des capacités de son personnel à travers des formations ciblées sur les bonnes pratiques en matière de protection des données personnelles, ainsi que sur un accompagnement technique de l’IPDCP pour l’amélioration de ses outils d’évaluation des risques, en intégrant les exigences relatives à l’information des personnes concernées et au recueil du consentement.
La CENTIF a également souhaité la formalisation de cette collaboration par la signature d’une convention, traduisant une volonté commune d’inscrire ce partenariat dans la durée. Dans la même dynamique, elle a exprimé le souhait de voir un représentant de l’IPDCP désigné au sein de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), ainsi que l’organisation de formations spécifiques à l’intention des membres de cette Commission.
Les responsables de la CENTIF ont par ailleurs rappelé que l’évaluation du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) menée en 2022 avait formulé des recommandations visant une meilleure prise en compte des exigences de protection des données personnelles dans les dispositifs nationaux.
Dans cette perspective, un projet de décret modificatif du cadre juridique de la CONAC, initialement établi en 2018, est actuellement en cours d’élaboration. Ce projet prévoit notamment l’intégration explicite de dispositions relatives à la protection des données personnelles ainsi que la participation de l’IPDCP aux travaux de la Commission, traduisant une évolution significative vers une gouvernance plus intégrée et conforme aux standards internationaux.
La séance de travail s’est achevée par un moment de sensibilisation consacré à l’encadrement juridique de l’utilisation des caméras de surveillance, illustrant les enjeux concrets auxquels sont confrontées les institutions publiques dans l’usage des technologies de contrôle et de collecte de données.
Cette rencontre marque une étape importante dans la construction d’une approche transversale et responsable de la gouvernance des données, où la lutte contre la criminalité financière et la protection des libertés individuelles ne s’opposent pas, mais se renforcent mutuellement.
À travers ce dialogue institutionnel, l’IPDCP et la CENTIF réaffirment leur engagement commun à promouvoir un cadre juridique et opérationnel conforme aux standards régionaux et internationaux, au service de la confiance des citoyens, de la sécurité juridique des institutions et de l’efficacité de l’action publique.