L’IPDCP échange avec les ministères et institutions sur la protection des données à caractère personnel
15 septembre 2026 Actualité
L’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) a organisé, ce mardi 15 septembre 2026, à l’Hôtel LÉBÉNÈ à Lomé, une rencontre d’échanges avec les ministères et institutions de la République. Un rendez-vous inédit qui, pour la première fois, a réuni à une telle échelle 33 ministères et institutions autour d’une rencontre consacrée à la protection des données à caractère personnel au sein de l’administration publique.
Directeurs de Cabinet, Secrétaires généraux, Directeurs de Cabinet adjoints et collaborateurs des différentes structures ont pris part à cette rencontre. L’ouverture de cette session d’échanges a été assurée par le colonel Bédiani BELEI, Président de l’IPDCP.
Dans son propos, il a rappelé que l’État togolais, premier détenteur de données sensibles (état civil, santé, fiscalité, données sociales), est devenu, avec la loi n°2019-014 du 29 octobre 2019, pleinement responsable de traitement. Il a précisé que ce statut impose à chaque ministère cinq obligations, notamment : la collecte des données pour une finalité légitime, la demande du strict nécessaire, la sécurité des fichiers, l’information du citoyen, la déclaration des traitements à l’IPDCP et la garantie de l’exercice de ses droits. Il a averti qu’un fichier Excel perdu ou un accès non contrôlé suffit à briser des années de confiance entre l’administration et le citoyen.

Le Président de l’IPDCP a également situé la protection des données au-delà de la seule conformité. Il a expliqué qu’il s’agit d’un enjeu de souveraineté numérique. En effet, maîtriser où sont hébergées les données de l’État, qui y accède et dans quelles conditions, c’est défendre l’indépendance de l’État face aux grandes plateformes et garantir la crédibilité de l’e-gouvernement.
Il a ainsi appelé chaque institution à trois actions : désigner un correspondant à la protection des données dans chaque direction, inventorier les fichiers détenus et saisir l’IPDCP pour engager sa mise en conformité. Il a, par ailleurs, tenu à préciser que l’IPDCP se positionne comme un accompagnateur des administrations et non comme un sanctionnateur en premier ressort. Il a enfin insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière au profil et au choix du correspondant, afin que celui-ci dispose des aptitudes, de la disponibilité et des connaissances nécessaires pour assurer efficacement cette mission.
Après une présentation sommaire du cadre juridique de la protection des données à caractère personnel et des missions de l’IPDCP, la rencontre a également été marquée par des échanges sur des préoccupations concrètes rencontrées par les administrations. Ces échanges ont notamment porté sur les critères devant guider le choix du correspondant et son rôle dans l’accompagnement de son institution vers une meilleure conformité.
La question de l’installation de dispositifs de vidéosurveillance dans les administrations a également été abordée. Les échanges ont permis de rappeler que ces dispositifs impliquent le traitement de données à caractère personnel et doivent, à ce titre, être mis en œuvre dans le respect des exigences légales et des principes de protection des données. Ces discussions ont permis à l’IPDCP d’apporter des éclaircissements aux représentants des différentes structures et de rappeler la nécessité d’intégrer la protection des données dans les projets, les procédures et les pratiques quotidiennes de l’administration.

La sensibilisation des agents, la sécurisation des traitements et la prise en compte de la protection des données dans les nouveaux projets constituent autant de leviers pour prévenir les risques et renforcer la conformité des administrations.
Cette rencontre traduit ainsi la volonté de l’IPDCP de privilégier le dialogue, l’accompagnement et la sensibilisation, afin de faire de la protection des données à caractère personnel une responsabilité partagée et une composante essentielle de la bonne gouvernance publique au Togo.