L’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel intervient à la 13ᵉ édition du Forum de la Cybersécurité SIT AFRICA à Marrakech au Maroc.
12 juin 2026 Non classé
Alors que l’intelligence artificielle impacte essentiellement les contours de la cybersécurité, de la gouvernance des données et de la souveraineté numérique, l’Afrique s’interroge sur les orientations à privilégier pour bâtir un écosystème numérique à la fois innovant, sécurisé et respectueux des droits fondamentaux. C’est dans ce contexte qu’une délégation de l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP), conduite par son Président, le Colonel Bédiani BELEI, participe à la 13ᵉ édition du Forum de la Cybersécurité SIT AFRICA, qui se tient du 9 au 12 juin 2026 à Marrakech, au Royaume du Maroc.
Rassemblant des décideurs de haut niveau, des experts du numérique, des responsables de la cybersécurité ainsi que des représentants des secteurs public et privé issus d’une quinzaine de pays africains, ce rendez-vous continental majeur constitue une plateforme stratégique d’échanges sur les défis, les innovations et les perspectives de la transformation numérique du continent, notamment en matière de régulation, de conformité et de protection des données à caractère personnel.
Lors de la conférence inaugurale, le Colonel Bédiani BELEI, intervenant, a apporté son éclairage sur une question stratégique qui mobilise les autorités africaines de protection des données : quel cadre juridique pour l’intelligence artificielle dans le domaine de la protection des données à caractère personnel, notamment au regard des exigences de conformité, de gouvernance algorithmique et de gestion des risques numériques ?
À cette occasion, le Président de l’IPDCP a souligné les défis que l’IA pose aux législations existantes et insisté sur la nécessité d’adapter les cadres juridiques nationaux et continentaux afin d’assurer un développement responsable de ces technologies, dans le respect des principes de protection des données, des droits fondamentaux et de la vie privée.
Pour le président, plus qu’une simple question de loi, l’IA doit être pensée à l’aune de l’éthique numérique. Des lignes rouges doivent être fixées et cette technologie doit assister l’humain au lieu de se substituer à sa responsabilité.

Les échanges ont également porté sur une question essentielle pour l’avenir numérique du continent : l’Afrique doit-elle développer ses propres modèles d’intelligence artificielle ?
Pour le Colonel Bédiani BELEI, les systèmes d’IA ne sont pas neutres. Ils reflètent les données, les langues et les référentiels culturels qui ont présidé à leur conception. Dès lors, des modèles développés hors du continent ne prennent pas toujours suffisamment en compte les réalités, les besoins et les spécificités africaines, notamment en matière de data governance, de biais algorithmiques et de souveraineté des données.
À travers cette participation, l’IPDCP réaffirme son engagement à contribuer aux réflexions stratégiques sur la gouvernance numérique et à promouvoir un usage éthique, sécurisé et respectueux des droits fondamentaux dans le déploiement des technologies émergentes.